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Il s'échafaude une habitation pour l'absence,
nos corps s'inclinent vers le jardin dans l'arbre,
nous regardons pousser les murs en mesurant
parfois l'écart entre l'herbe et le ciel

Il s'échafaude un lieu, où se déploient des temps,
des échelles appuyées contre le firmament,
où manquent des barreaux pour mieux hisser les seaux,
où glissent nombreux rêves dans l'écart et le vent

Il s'échafaude des bonjour des me voilà et des adieux,
des confidences à qui mieux mieux et des comètes
quelquefois sous la poussière de nos plafonds et des
lumières qui surnagent et filent à flots de nos regards

Il s¹échafaude des donjons, leurs têtes prisent dans les
étoiles, plus hautes sont les meurtrières plus flottantes
les fondations

Il s¹échafaude ces îles pâles, chancelantes au milieu des
flots, et ces tempêtes provisoires dans la complexité des
vents

Il s¹échafaude un vieux théâtre, ses flambeaux vacillent
à la nuit, aucune flamme n¹éternise la lumière qu¹on
voudrait pérenne, aucune flamme non jamais ne peut
baiser le crépuscule, ne peut se donner jusqu¹à l¹aube

Notre monde en chantier
pour un peu de présence

Des travaux singuliers
précis
dans le silence

Notre monde en tremblant
pour quelques floraisons
Oh la gloire dérisoire
des jardiniers du vent !

Il s¹échafaude ce vieux théâtre toiles d¹araignées en
coulisses, où des chimères en costume s¹agrippent
à nos échafaudages factices.

 

France Weber

( Texte et voix )